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Le mot du Grand Maître

          

Le commandement

Des millions de soldats sont morts au cours de l’Histoire à causes d’erreurs de commandement sans pour autant que le commandant soit inquiété le moins du monde.

Autrefois, les relations, l’argent ou la notoriété d’un parent suffisait à donner du pouvoir. De nos jours, celui qui commande a déjà une grande connaissance de la matière qu’il gère.

Aujourd’hui, quel que soit le niveau de responsabilité,  il y a des écoles, puis un accompagnement pendant la mise en situation, ce qui laisse au « commandant » moins de chance de se tromper. Aider par un supérieur, il va apprendre l’art du commandement (ou management) et devenir un chaînon essentiel de direction et ainsi pouvoir atteindre les objectifs souhaités par la haute direction.

Nous autres, pratiquants d’arts martiaux, n’échappons pas à la règle. Je dirai que savoir commander une équipe ou diriger des élèves relève du savoir-faire, bien sûr, mais aussi et surtout d’une grande intelligence. Elle s’exprime par la pédagogie, la psychologie, la philosophie, et par une bonne dose de charisme. Suivant la situation, le commandant (ou l’enseignant) peut amener ses élèves à la catastrophe ou au succès. N’est pas Maître qui veut. Il ne suffit pas de passer un grade pour être Maître ! Quelle tristesse de se faire appeler Maître alors que l’on n’a pas d’élèves !  C’est comme un voilier sans barreur, CELA NE SERT A RIEN ! ! ! !

Sur un échantillon de 500 personnes (dans différentes branches : armée, civil, arts martiaux, etc.) seules 10 peut-être m’ont agréablement surpris.

La moralité veut que nul ne soit capable de diriger un public d’adultes ou d’enfants sans une longue expérience et sans prendre en considération de multiples paramètres. Cette expérience permet de mettre en application à cours et à long terme le fruit d’un long processus de réflexion, construit au cours de longues années d’abnégation et de recherches personnelles permanentes  sur le « savoir-faire faire ».

En pédagogie on peut dire que seul le résultat compte ; les Maîtres ne voient pas, notamment dans notre école, les choses de la même façon : ils estiment et pèsent en permanence le devenir de chacun. C’est ce sens très particulier des relations humaines qui donne toute sa légitimité à leur « pouvoir ». Et c’est ce même « pouvoir » qui justifie leur place et leur rang de Maître.

La prétention n’apporte que déception et dépit, c’est l’apanage des imbéciles.

MAITRE S.T.